Trangerang. Troisième banlieue de Jakarta. Quelques millions de personnes y vivent (ou survivent). Lorsque nous y arrivons, il fait nuit (19h), les étudiants sont partis. Nous filons chez Lukman, après un délicieux saté camping (brochettes de mouton avec du riz). Il loue une pièce chez un particulier pour 200 000 rupiahs par mois (12€). J’admire la simplicité, l'optimisme et la culture de Lukman. Il rêve de devenir guide en Europe, en Hollande surtout dont il parle un peu la langue. Allongé sur un tapis, la tête dans le ventilo que j’ai gentiment squatté, je suis recouvert, malgré la chaleur, d’un sarung (pantalon traditionnel). En fait, je me prépare tant bien que mal à affronter une armada de moustiques, débarqués tout droit d’un bassin voisin aux eaux croupissantes. Rien n’y a fait, ils ont réussi à me pourrir ma nuit.
Une salle de bain-toilette indonésienne. Certaines sont mieux entretenues.Ici, on se lave à la cruche. Et la main gauche fait office de papier toilette.
En Indonésie, les Blancs sont des « boulê ». Bizarrement, je n’ai pas trouvé les mots pour leur expliquer ce que signifiait ce terme chez nous. Là-bas, les « boulê » sont rares, donc réellement admirables. D’ailleurs, les tops-models sont le plus blanc possible, et leurs traits plus européens. Autrement dit, si vous êtes blond (e), blanc, aux yeux bleus, vous risquez de créer une frénésie jamais vue depuis la Beatlesmania.
Le lendemain, j’allais donc vivre ma première journée de star-boulê. Cette école d’anglais, bientôt reconnue par l’Etat, donne des cours pour tous âges, du primaire au lycée. Prof d’un jour, j’ai vu défilé quatre ou cinq classes, plus d’une centaine de personnes. Plus de 6 heures à répéter, en anglais s’il vous plaît, les mêmes choses, à répondre aux mêmes questions (je tiens à rendre ici un vibrant hommage à tous les profs) : « Combien y a-t-il de saisons en France ? », « Qui est le président de la France ? », « C’est quoi la tour Eiffel ? », « Quel est ton hobby préféré ? »... J’ai compris que ces gens, qui n’ont jamais quitté leur île, connaissent autant de chose à la France et à l’Europe qu’on en connait sur l’Indonésie. Deux personnes ont cependant réussi à pénétrer les foyers javanais : Zidane et Lady Di. L’expérience a été passionnante.
A la fin de chaque cours, près de 10 minutes de photos et d’autographes. Et les profs ne sont pas les moins demandeurs, les adultes ici sont de grands enfants. « May I take a picture with you mister, pleeaaase… ? », « Vous êtes fatigué, vous voulez faire une sieste ? Vous voulez boire quelque chose ? Venez mangez, asseyez-vous là »… Ce jour-là, j’ai dû faire attention à deux choses : mon poids et mon ego. Gros pincement au cœur en partant. La joie, la chaleur et l’authenticité de ces gens allait me manquer.
Le lendemain, j’allais donc vivre ma première journée de star-boulê. Cette école d’anglais, bientôt reconnue par l’Etat, donne des cours pour tous âges, du primaire au lycée. Prof d’un jour, j’ai vu défilé quatre ou cinq classes, plus d’une centaine de personnes. Plus de 6 heures à répéter, en anglais s’il vous plaît, les mêmes choses, à répondre aux mêmes questions (je tiens à rendre ici un vibrant hommage à tous les profs) : « Combien y a-t-il de saisons en France ? », « Qui est le président de la France ? », « C’est quoi la tour Eiffel ? », « Quel est ton hobby préféré ? »... J’ai compris que ces gens, qui n’ont jamais quitté leur île, connaissent autant de chose à la France et à l’Europe qu’on en connait sur l’Indonésie. Deux personnes ont cependant réussi à pénétrer les foyers javanais : Zidane et Lady Di. L’expérience a été passionnante.
A la fin de chaque cours, près de 10 minutes de photos et d’autographes. Et les profs ne sont pas les moins demandeurs, les adultes ici sont de grands enfants. « May I take a picture with you mister, pleeaaase… ? », « Vous êtes fatigué, vous voulez faire une sieste ? Vous voulez boire quelque chose ? Venez mangez, asseyez-vous là »… Ce jour-là, j’ai dû faire attention à deux choses : mon poids et mon ego. Gros pincement au cœur en partant. La joie, la chaleur et l’authenticité de ces gens allait me manquer.

Une tradition veut que les enfants s'inclinent devant les adultes, genre de baise-main avec le front.
Désagréable au début, on s'y fait vite. Ca me donne des idées pour les frangines...



Au centre, le directeur de l'école.
En quittant Jakarta, un petit regret tout de même de n’avoir pas plus profité de la ville et surtout les quartiers riches cette fois, où luxe et argent sont sans commune mesure. Le jour, cette énorme métropole ressemble trop à l’enfer pour avoir la moindre velléité d’y rester. Dans les deux heures qui ont suivi mon arrivée, la veille, j’étais déjà retourné à la gare prendre mon billet de retour ! Mais le soir, la ville se dégonfle de plusieurs millions de personnes et la ville devient fréquentable. J’aurais peut-être dû persévérer. Avant de partir, un ping-pong impromptu dans la gare déserte ne se refuse pas. Puis rebelote : froideur et moiteur, Tour Montparnasse infernale, vendeur de pâtisseries beuglant sur les marches du wagon à 3h du mat’… Finalement, Surabaya, c’est un petit village bien agréable.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire