jeudi 11 mars 2010

La Sulawesi, entre pêche et turista

Annulé une première fois, ce bref aller-retour à Sulawesi s’est confirmé en quelques heures. Mon ami Muntaha, ingénieur, doit se rendre sans tarder sur cette île des Célèbes, 800 km au nord-est. Le temps de préparer un petit sac, de roupiller un peu, pour un départ à 4h du matin.
Sulawesi, un nom qui fait rêver. Peut-être y verrai-je enfin sable blond, cocotier et eau translucide ? Ou encore le pays Tana Toraja, au cœur de l’île ? Point de tout ceci, faute de temps.

Miniature d’une maison Toraja.


Nous arrivons à Ujung Pandang (ou Makassar), la capitale de l’île. Polluée et laide, comme les autres grandes villes, mais rendue plus agréable grâce au vent de la mer toute proche. Le collègue de Muntaha, Pak (monsieur) Hamka, ingénieur également, nous attend à l’arrivée. Un type d’un mètre 65 maximum, très sympa, au rire franc et fort, et au style bling-bling plus amusant qu’autre chose.
« He will treat us very well », m’affirme Muntaha. En gros, ici quand quelqu’un doit vous « traiter », c’est qu’il s’occupe de vous de A à Z pendant une certaine durée. Ce qui est un peu mon cas depuis 15 jours. A Sulawesi, Pak Hempak nous a donc fort bien traité.
Matinée, à Tonasa, énorme entreprise de bâtiment, où les deux ingénieurs avaient leur réunion. L’après-midi a été consacré à visiter toute la smala ! Et quelle famille… A chaque fois, le même rituel : « Mister, une photo », « Mister, j’ai deux nièces à marier », « Mister, votre adresse Facebook »… Le soir, son 4x4 (format habituel des voitures ici) s’arrête devant le . Sous le nom doré de l’hôtel, quatre étoiles tout aussi brillantes. « Ok, allons visiter votre chambre. » Grand sourire béat.



Le confort de cette chambre de luxe, montée sur pilotis avec vue sur la mer, était franchement bienvenu. Car ce qui devait arriver arriva, un sale virus a élu domicile dans mon fragile estomac. Je pense qu’il devait m’attendre patiemment sur le dernier saté kambing que j’ai avalé (brochette de mouton à la sauce cacahuète, mon plat préféré, mais pas toujours bien cuit). Une bonne vieille turista des familles je suppose. Mais le microbe ne me lâche plus et prend un malin plaisir à ronger tout ce qui passe dans mon estomac. C’est-à-dire du riz sec depuis trois jours. Tout ceci pour dire qu’une étude comparative des toilettes sulawesiennes, très disparates, est en cours d’élaboration.
Le lendemain fut consacré à attendre Pak Hamka - qui devait toujours nous « traiter » - et, pour ma part, à des raids furtifs dans les cagibis à mouches des différents « warungs » (restos de rue).
Puis en route pour la plage. Après quatre ou cinq bords d’eau pollués, près de marécages où broutent quelques buffalos, je leur montre finalement une photo clichée de mon guide de voyage. Ayant compris que je souhaitais voir ces fameuses plages sauvages de carte postale, au moins pour me prouver qu’elles existent, ils me répondent que Bira, où a été prise la photo, c’est 300 km plus à l’est. Impossible d’y aller. Jamais pris au dépourvus, M. Hamka, et sa femme qui nous accompagne, nous emmènent près d’un ponton. Une barque arrive. 15 minutes pus tard, nous débarquons sur une île minuscule, d’à peu près 1 km de circonférence. M. Hamka tend le bras vers « la plage » : 5 m de sable, délimités par deux déchetteries, quelques papiers et plastiques flottent ici et là, et une vue magnifique pour horizon. Soupir.

Pour ne pas les vexer, je me jette à l’eau (qui à défaut d’être clean, est presque chaude) devant leurs yeux satisfaits. « C’est bien ? », « Ouais ouais, c’est top ! »

La fin de l’après-midi a été simple mais géniale : la pêche à la ligne avec les pêcheurs du coin, sous le soleil couchant. Point de cocotiers, de sable blanc et d’eau translucide. Encore moins de pays Toraja. Mais des gens, encore des gens, toujours des gens, aux traits, à la couleur de peau et aux dialectes jamais semblables. Et surtout aucun regret.






19h30, le frêle esquif vient reprendre les pêcheurs de l’île, dont nous sommes. L’avion est à 21h.
@+
PS : Ce soir, grimpette nocturne sur le volcan Bromo pour un lever de soleil parait-il sublime. Puis ferry pour Bali et les autres iles. Jusqu'25.

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