mercredi 17 mars 2010

Au bord du cratère

Le Mont Bromo est un massif qui culmine à 2300 mètres. Sa dernière éruption remonte à 2004. Une fois le sommet atteint en voiture sur les routes en lacets, serpent de bitume sur les flancs verdoyants de la montagne, on débouche ce qui s'apparente à un immense cratère, à l’intérieur duquel se trouvent le Bromo et le Batok. Notre hôtel a été bâti juste au bord de la pente. Ce lieu touristique majeur a deux intérêts : le lever de soleil sur le cratère, et l’ascension de ce dernier.


3h15. Le signal du départ : un loueur de manteaux frappe à ma porte. « Mister, il fait 0 degré là-haut ! » Je lui dis que je n’en ai pas besoin, que ma polaire suffira, mais têtu comme tous ses collègues, il me collera aux basques jusqu’à mon départ. Moyennant quoi, là-haut, il n’allait pas faire si froid.


3h45. Les touristes grimpent dans les jeeps. De mon côté, j’ai choisi la moto, plus rapide et plus indépendante. Je grimpe à l’arrière. Plongée d’une demi-heure dans une nuit épaissie par le brouillard. Quelle impression étrange… La moto roule sur du sable noir volcanique. Ici et là, des mouvements furtifs surpris par le phare de la moto. Le paysage semble lunaire : on traverse la plaine du Bromo. « Cela ressemble aux steppes mongoliennes », dira une touriste française. Bien possible. L’idée est de rejoindre le point culminant du massif pour observer le lever du soleil. Après peut-être une demi-heure de route dans le néant et la montagne, on débouche sur le belvédère. Et là, stupéfaction : une foule compact de touristes de toutes nationalités, est déjà à pied d’œuvre pour installer les trépieds des objectifs ! Environ 200 personnes observeront le soleil équatorial ce matin-là, à 5h30. Une demi-heure auparavant, nous étions seuls au monde dans le blizzard.
6h30. Prochaine étape : l’ascension du cratère. On reprend la moto, on retraverse la plaine, en plein jour et déjà sous un soleil écrasant.

Puis la grimpette commence, à pied cette fois. Suant et respirant comme un cachalot, je me fais doubler dans les escaliers presque verticaux par une mamie, enfilant d’un pas alerte, presque de course, les centaines de marches de cet escalier de la mort. Je me dis, y’a plus de respect quand même. Mais quelques marches plus haut, la nature reprend ses droits, la fraîche septuagénaire tire une langue de cheval, le dos courbé, une main agrippée à la rampe... M’enfin !


En haut du cratère, une odeur de souffre titille les narines. Sur la crête, au bord du précipice, on réalise sans problème que si ce géant de la nature se réveillait, nous ne serions qu’une simple poussière balayée par un souffle venu du ventre du monde. Le cratère fait 8 km de diamètre, et 200 m de profondeur...
J’entends parler français. Je prête une oreille indiscrète à la conversion de deux jeunes françaises qui tourne autour du voyage entre frères et sœurs. Cela m’intéresse (Ptite soeur…), et je m’avance vers elle. Je me présente et explique que j’écris un article touristique sur Java pour Ouest-France. Puis l’une des deux me demande si je n’ai pas fait un article sur une association Comète, à Angers. Je dit oui. C’était la présidente de l’assoc que j’avais rencontrée un an auparavant.

8h30. Il est temps de regagner l’hôtel. Dernières photos avec Muntaha, Ertha et le fiston. Muntaha m’aura hébergé, conduit, fait visiter Java pendant près de deux semaines. Une hospitalité comme celle-ci semble sans égal. Qu’Allah le bénisse.

2 commentaires:

  1. trouvé :)
    http://www.ouest-france.fr/actu/loisirsDet_-Java-et-ses-mille-secrets-enfouis-sous-les-cendres-_9577-1376820_actu.Htm

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  2. Trop balèze Jo! Merci pour le lien! et pour tes lectures qui me semblent très assidues!

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