lundi 27 décembre 2010

L’idéal-type wébérien appliqué à l’Australien

Qu’est-ce qu’un idéal-type ? Ce n’est pas le type idéal, martelait ma punk de prof de socio à Rennes. Un humour qui a perdu toute sa saveur à force d’être essoré à longueur de cours, mais un moyen mnémotechnique efficace, preuve en en est.
Max Weber a théorisé le concept d’idéal-type : il s’agit d’un modèle permettant de centraliser dans une trame commune différentes caractéristiques d’un même objet d’étude pour finalement les relier entre elles et apporter une cohérence en gommant et nuançant certains traits. C’est de ce modèle dont je vais m’inspirer, peu sérieusement, pour tenter de l’appliquer à l’Australien, d’après mon expérience et mes rencontres, après seulement neuf mois dans ce pays. En voici le portrait robot, avec toutes les limites, la subjectivité et les manques qu’il comporte, vous vous en doutez.

Sydney, l’Australie des cartes postales

5h30 du matin, aéroport Charles Kingsford Smith de Sydney. Je descends de l’avion et embrasse la terre, sans pour autant me prendre pour l’homme en blanc chanté par feu Pierre Bachelet. Je viens seulement de passer plus de 30 heures dans trois avions différents. Retour au bercail après une parenthèse portoricaine pour le moins dépaysante.


mardi 30 novembre 2010

L'hiver est passé, let's go to Sydney !

C'était le plan de base : laisser passer l'hiver dans le sud, rester dans les températures raisonnables - 25°C, maillot de bain et tongues -, et utiliser ce laps de temps pour travailler.

Alors j'ai travaillé. J'ai pêché : trois fois quinze jours en mer (lire par ailleurs). Le lendemain de mon deuxième retour à terre, je me rends au Flight Center de Mooloolaba, où je séjourne quand je ne suis pas en mer. En discutant avec les demoiselles de l'agence de voyage, en leur expliquant que la pêche et moi, c'est fini, que je recherche un boulot plus terre-à-terre, l'une d'entre elles me dit que son compagnon est responsable d'une compagnie de construction de piscines. Pourquoi pas? C'est moins profond, et il y a moins de requin dans le petit bain. Dix minutes après avoir quitté le Flight Center, j'avais un nouvel emploi.

samedi 27 novembre 2010

Veni, vidi…

Neuf mois après avoir quitté le bercail, à quatre mois jour pour jour de mon retour, il n’est pas inutile de faire un petit point : où suis-je allé ? Qu’ai-je fait, qu’ai-je vu ? Quels sont mes projets pour les semaines et les mois à venir ?

mardi 16 novembre 2010

L'enfer et le paradis sont sur un bateau...

Part Two : "Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes" (Marc, 1, 16-20)

La Der des Ders

Les choses ont un peu évolué depuis la publication de mon dernier post. Trois semaines après mon retour, je passe au Beluga pour dire au revoir à mon ancien skipper qui repart en mer, et récupérer mes mâchoires de requin. « Eh ! Bloody Frenchie », crie Wayne en me voyant, la face rougeaude, une canette de Jack Daniel’s à la main. Et de chanter mes louanges aux autres marins présents autour de lui.
La conversation prend un tournant plus sérieux quand Wayne me dit que le Blue Moves, le thonier voisin de la même compagnie, a besoin d’un renfort d’équipage. Je refuse net, leur répétant que j’ai assez donné, que ce boulot est complètement cinglé, etc… Mais je sens déjà qu’au bout du compte, je vais repartir pour un tour. Ben, le skipper du Blue Moves, me passe son numéro : « Tu as deux heures pour me donner ta réponse, il faut que je trouve quelqu’un pour demain. » De retour au backpacker, je craque et fais mon baluchon pour la troisième fois. Je travaillerai finalement sur le Blue Mistress, piloté par un nouveau skipper.

dimanche 26 septembre 2010

L’enfer et le paradis sont sur un bateau…

Une semaine après mon retour à quai le 5 septembre, un fait divers est à la Une des médias locaux de la Sunshine Cost : un backpacker irlandais tombe du toit d’un chalutier et disparaît dans la mer, pourtant calme (lire ici). L’équipage a mis une heure à s’apercevoir qu’il manquait à l’appel. Son meilleur ami était à bord. En entendant cette tragédie, un frisson me parcourt le dos. Je me remémore les heures passées sur le toit justement, à parcourir l’horizon à la recherche de matériel perdu. Pauvre gars, un mois après son arrivée en Australie...

samedi 31 juillet 2010

Des vertes et des pas mûres à Bundaberg

On disait des Poilus de 1914 qu’ils étaient partis dans les tranchées la fleur au fusil. L’historiographie récente a balayé ce mythe. On raconte que la cueillette des fruits en Australie est comme une colonie de vacances où l’on chante en croquant des pommes dans un cadre bucolique. Je voudrais à mon tour battre en brèche cette vision du « fruit picking » et vous livrer mon expérience de l'exploitation agricole! Je précise cependant que ce n’est là qu’un vécu parmi des millions d’autres, et j’ai entendu des histoires plus heureuses.