Qu’est-ce qu’un idéal-type ? Ce n’est pas le type idéal, martelait ma punk de prof de socio à Rennes. Un humour qui a perdu toute sa saveur à force d’être essoré à longueur de cours, mais un moyen mnémotechnique efficace, preuve en en est.
Max Weber a théorisé le concept d’idéal-type : il s’agit d’un modèle permettant de centraliser dans une trame commune différentes caractéristiques d’un même objet d’étude pour finalement les relier entre elles et apporter une cohérence en gommant et nuançant certains traits. C’est de ce modèle dont je vais m’inspirer, peu sérieusement, pour tenter de l’appliquer à l’Australien, d’après mon expérience et mes rencontres, après seulement neuf mois dans ce pays. En voici le portrait robot, avec toutes les limites, la subjectivité et les manques qu’il comporte, vous vous en doutez.
En 200 ans, l’Australien(ne) s’est forgé une apparence type, s’est doté d’une culture et de mœurs propres, plus ou moins proches de leurs cousins anglais. Je le décrirais comme suit, précisant toutefois (mais est-ce bien nécessaire, ceux qui me lisent me connaissent et savent combien les généralités me font horreur) que j’ai fréquenté d’autres insulaires aux caractéristiques antipodales.
Max Weber a théorisé le concept d’idéal-type : il s’agit d’un modèle permettant de centraliser dans une trame commune différentes caractéristiques d’un même objet d’étude pour finalement les relier entre elles et apporter une cohérence en gommant et nuançant certains traits. C’est de ce modèle dont je vais m’inspirer, peu sérieusement, pour tenter de l’appliquer à l’Australien, d’après mon expérience et mes rencontres, après seulement neuf mois dans ce pays. En voici le portrait robot, avec toutes les limites, la subjectivité et les manques qu’il comporte, vous vous en doutez.
En 200 ans, l’Australien(ne) s’est forgé une apparence type, s’est doté d’une culture et de mœurs propres, plus ou moins proches de leurs cousins anglais. Je le décrirais comme suit, précisant toutefois (mais est-ce bien nécessaire, ceux qui me lisent me connaissent et savent combien les généralités me font horreur) que j’ai fréquenté d’autres insulaires aux caractéristiques antipodales.
Il – mais les lignes qui suivent sont transposables au féminin – est très blond, les yeux verts, généralement plutôt grand et très très souvent doté d’une musculature naturelle, renforcée par de nombreuses heures sur les terrains de sports ou dans les salles de fitness. Il arbore très souvent aussi un tatoo sur le bras ou le mollet, en bi ou quadricolore, plus ou moins original, plus ou moins de bon goût.
Son langage est plus ou moins raffiné. Mais d’une manière générale, et dans 100% des cas chez les « males », ils usent de leur « fucking » ou « fuck » plus encore que nous usons de notre « putain » national. Autrement dit, voici le fucking mode d’emploi de ce mot. Placez-le juste avant le mot-clé de votre phrase. NB : Il peut y avoir autant de mot-clés qu’il y a de mots ! Cela double simplement la longueur de votre phrase et donc de votre temps de parole. Exemples : These fucking flowers are fucking beautiful ; I’m fucking blind because of this fucking sun, my taylor is fucking rich, Bryan is in the fucking kitchen, etc.
Ici, tout le monde est un « mate », non traduisible. Vous pouvez appelez « mate » (prononcer « maïte ») votre mari, votre pote, votre patron, et surtout n’importe quel quidam dans la rue, ce n’est pas impoli, c’est juste mate. Je n’ai jamais entendu cependant une personne de sexe féminin se faire appeler mate. Mate n’est donc probablement pas très galant.
L’Australien type a la répartie facile, beaucoup d’humour, parfois moqueur mais pas méchant et plus ou moins accentué selon les régions – les Queenslanders le sont davantage je trouve que les Territorians.
Il est en général très peu concerné par la chose politique. En fait, il s’en contrefout carrément, car « elle n’a que très peu d’incidence sur notre quotidien ». Pourtant, voter est légalement un devoir autant qu’un droit, sous peine d’amende, et pire encore, sous peine du « quand dira-t-on » et de la remise en cause du patriotisme – ô blasphème.
Il se soucie bien plus en revanche d’alimenter son compte en banque du mieux possible, de même pour son compte en bières locales, Carlton Draught ou de XXXXGold, car l’Australien est souvent australopithèque avec ses amis. Culture anglo-saxonne décomplexée oblige, l’argent n’est pas un tabou, et il n’hésitera pas à vous raconter que son dernier tour d’Europe lui a coûté 50 000 dollars. Ceci dit, rares sont ceux qui ont quitté leur île lointaine, si ce n’est pour aller surfer à Bali ou Phuket. Beaucoup connaissent mal leur pays, si vaste, car « je suis bien là où je vis !, me confiait l’un d’entre eux récemment. Je voyage dans mon pays à travers les reportages et films documentaires que vous journalistes nous rapportez. » Je ne leur lance pas la pierre, loin s’en faut, n’ayant jamais mis les pieds au Louvre…
Je dirais encore que l’Aussie se fait une haute opinion de la famille qu’il range au nombre de ses priorités. S’il ne se rend pas forcément à l’église catholique ou anglicane, le barbecue dominical avec les amis et les voisins n’est pas une option.
L’insulaire n’est pas coupé du monde même si l’intérêt qu’il témoigne au reste de la planète est particulièrement limité. J’ai trouvé la qualité de l’information télévisuelle et globalement de la presse écrite décevante et médiocre. Les médias ont prêté une attention particulière à l’actualité mondiale lors de la tourmente wikileaks, car Julian Assange, le fondateur du site, est Australien.
La moitié du temps d’antenne au journal de 19h30 est la quotidiennement consacrée au sport, et au sport australien. ABC1 est le pendant australien de la BBC anglaise, et promeut des programmes de qualité, tantôt fiction, tantôt documentaire. Son journaliste vedette, Kerry O’Brian, qui vient de se retirer, était apprécié à juste titre pour la pertinence de ses interviews, en direct et sans complaisance, des personnalités politiques australiennes ou étrangères comme Barack Obama ou le Dalaï-Lama.
Toujours prêt à vous rendre service, l’Australien est généralement bien (trop) enthousiaste et spontané dans ses promesses, aussi ne vous étonnez pas de tomber rapidement dans l’oubli si vous ne vous manifestez pas.
Pour terminer, je dirai que tous ces mates down under sont de nature relax, joviale et avenante dans pas loin de 100% des cas que j’ai rencontré. Les études, parfois contradictoires, sont unanimes sur un pays : l’Australie se situe constamment au deuxième ou troisième rang au classement mondial de la qualité de vie. Une économie saine et protégée, une stabilité politique, un climat parfait sur le littoral, une insouciance quotidienne participent largement à cet état de fait.
A suivre : La Leconfield Jackeroo School forme les cow-boys du XXIe siècle
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