Cow-boy – jackeroo est son homologue et débutant australien, jillaroo pour les call-girls ! - est un terme qui regroupe plusieurs métiers. Il n’était pas pensable de quitter l’Australie sans avoir un aperçu de la vie dans l’outback, le vrai visage de cet incroyable pays. Voici un court résumé d’une semaine passée à Jackeroo School de Leconfield, une ferme totalement isolée dans les montagnes à 1h30 de route de la première ville, Tamworth, elle-même située à 420 km au nord-ouest de Sydney. L’école est tenue par les Skerett, père et fils, depuis plusieurs années.
Le cheval. A la fois premier outil et fidèle compagnon du jackeroo, le canasson fait l’objet de soins particulièrement important de la part du « horseman ». La base des cours consiste à comprendre son cheval, à jouer avec lui, à le mettre confiance et à le dresser. Le cheval attend quatre choses de son cavalier, dans l’ordre : la sécurité, la nourriture, le confort et le jeu.
J’ai hérité de deux chevaux : « blue eye », puis « flash » a pris le relais, le plus rapide de tous. Nul besoin de le fouetter, le dada était ultra-réactif, et les profs me demandaient régulièrement de le calmer. Parfait quand on aime la vitesse !
Mustering. C’est le terme général désignant l’activité principale du jackeroo ou du stockman. Elle consiste à s’occuper du bétail (moutons, bovins ou chevaux principalement). Il comprend le marquage au fer des bêtes, leur suivi sanitaire, leur tonte (pour les moutons), et enfin leur déplacement dans les zones de pâturage. Pour les déplacements du « livestock » d’une aire à une autre, les cow-boys utilisent les chevaux, ou, plus modernes, des quads, des motos, des « utes » (utilitaries vehicule, 4x4 utilitaire) voire, pour les immenses propriétés du Top End, des hélicoptères !
A l’école, le mustering des vaches et taureaux se faisaient à dos de cheval. Il est nécessaire d’utiliser un fouet et de crier régulièrement pour faire avancer les têtes de mules. La maîtrise du lasso est également importante. Les chiens – australian cattle dogs – sont remarquablement bien dressés et souvent utiles voire essentiels pour conduire le bétail, le rassembler et l’empêcher de se disperser.
Dans les grandes propriétés, les stockmens partent pour plusieurs jours. Ils connaissent très bien leur environnement, particulièrement hostile, au cœur duquel ils doivent être capables de survivre. Le soir se passe auprès du feu de camp, sur lequel le cuisinier, spécialiste du « bush tucker » (nourriture du bush) prépare un repas chaud. Les nuits se passent généralement à la belle, dans un « swag », une sorte de matelas recouvert d’une couverture en toile dans laquelle il se glisse.
Le mustering comprend enfin la réparation des barrières et barbelés, souvent troués par les cochons sauvages et ensuite agrandis par les kangourous.
Tonte des moutons. Avant de pouvoir les tondre, encore faut-il pouvoir les attraper. La technique : choper le mouton par la queue, puis en s’accrochant à la laine de son dos, passer un bras autour de son cou, saisir une patte, enfin s’improviser judoka ou immiter les Bretons et retourner le bêlant comme une crêpe. Facile à écrire, mais la bestiole ne se laisse pas faire.
Petite déception : nous devions, pour ceux qui le souhaitaient, assister à l’abattage d’un mouton, mais aucun mouton n'était volontaire!
La tonte : des mois que j’attendais ce moment ! La laine australienne est mondialement reconnue pour sa qualité. Nul besoin de commenter, les images parlent d’elles-mêmes.
Le castrage des veaux. Pour procéder au castrage d’un veau, il faut d’abord le maîtriser. C’est une autre affaire que le gentil mouton. Un veau, c’est maousse costaud. Impossible de le maîtriser seul. Un premier jackeroo se place derrière et saisi la queue. L’animal essaie de s’enfuir. Rapidement, le second homme doit prendre la tête du veau, et la tordre vers l’arrière. Les deux prennent alors chacun une patte et le plaque au sol (voir dernières photo du diapo). Dans le détail, c’est encore plus technique. Et gare aux coups de sabots dans le ventre ou sur les cuisses, la demoiselle qui était avec moi en a fait les frais…
C’est une bataille sans merci. J’y ai laissé mon froc… Je n’ai pas de vidéo à insérer ici, à mon très grand regret car c'est réellement impressionnant (d’une manière générale, il m’a été difficile de prendre des photos toute la semaine, étant généralement bien occupé).
Le castrage s'est déroulé sur-le-champ. Point d'anesthésie, cela va de soi. A la barbare. Deux coups de bistouris savamment placés, et le "meuh" tombe dans les aïgus! Quand aux restes, pas de gâchis, ils ont fini dans la poêle le soir même. La texture, tendre et spongieuse, m'a bizarrement rappelé les boulettes de viande du resto Ikéa. Allez savoir...
La semaine en photo, en rappelant qu'il manque malheureusement quelques étapes.
A la fin de la semaine, passablement fatigué, j’ai surtout retenu une chose : on ne devient pas cow-boy en cinq jours de cours. « C’est l’apprentissage de toute une vie », me lancera calmement mon futur hôte fermier, Malcolm Lye.
A suivre : Tamworth, un mois au coeur du bush
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