dimanche 11 juillet 2010

Et au milieu coule la Brisbane...

Après une quinzaine de jours remplis d’amour, d’eau fraîche et de grands espaces, c’est toujours désopilant de se retrouver à nouveau plongé dans le grand bain de la civilisation. De descendre du bus et de contempler avec les yeux naïfs et écarquillés du nouveau-né le génie architectural qui transparaît indéniablement dans l’énorme bloc de béton armé accueillant la gare routière de Brisbane.
Lorsqu’un court voyage ressemble à celui que je viens de vivre, on prie pour qu’il ne s’arrête jamais. Un fort relent de nostalgie, un concentré d’images, de sons, de parfums, tourbillonnent dans mes tripes et montent lentement dans ma tête lorsque le soir, je m’endors sur le sommier n°8 du deuxième dortoir de 30 lits du Brisbane City Backpacker…
Situé sur les hauteurs de Brisbane, le backpacker offre une belle perspective sur Brisbane.


Je passerai donc vite sur la capitale du Queensland, ancienne colonie pénitentiaire fondée dans les années 1820, et marquant aujourd'hui la limite entre la Sunshine Coast au nord et la Gold Coast au sud. Les quelques photos ci-dessous vous donneront un aperçu non-exhaustif mais relativement complet de la troisième city d’Australie (2 millions d’habitants), plutôt agréable à visiter objectivement. La rivière éponyme qui la traverse en est pour beaucoup. Il est d’ailleurs amusant d’établir des parallèles avec certaines villes françaises comme Bordeaux : il y a toujours une rive plus développée que l’autre. Mais sur la Garonne, vous ne verrez pas de bateau-bus qui relient les principaux point de la ville et forment un réseau fluvial efficace. Alain Juppé a beau jeu de dire qu’il « ne mangera(i) plus de cerises en hiver », le retard écologique à ce niveau est assez criant.
Au sommet du mont Coot-Tha, le lookout offre une vue aérienne assez intéressante de la ville jusqu’à la mer. A l’instar de Cairns, et j’imagine, d’autres villes, Brisbane a un Center Business District relativement restreint et délimité par une boucle de la rivière, où se concentrent les gratte-ciel abritant les sièges des grandes sociétés. Mais autour d’elle se déploie une banlieue à laquelle s’agrège chaque semaine près d’un millier de nouveaux habitants !











(Ci-dessous, photos de Nadine)
Une église méthodiste du 19e, aujourd'hui entourée, presque étouffée
par de vertigineux gratte-ciel.




Je passerai deux semaines au Brisbane City Backpacker, la première avec Nadine qui poursuivra ensuite sa route vers Sydney, Hawaïi, Los Angeles, San Francisco et la Suisse. Nous aurons le temps d'aller surfer un peu sur la plage de la très fameuse et non moins laide Surfers Paradise, une ville touristique majeure de la Gold Coast aussi réputée pour ses spots de surf que pour ses nuits torrides en haute saison.

Mais la vie en backpack me mine. Clairement. Que faire dans une ville lorsque vous ne connaissez personne, que vous entendez parler français et allemand dans la cuisine, que votre statut social est celui de touriste sac-au-dos qui sent le fennec, que vous avez le spleen de l’outback comme Baudelaire avait le spleen de Paris? Et bien trouver un taf rapidement puis s’intégrer, ou bien la quitter. Mais surtout ne pas se laisser endormir.
Aussi ai-je le choix entre deux possibilités : continuer mon chemin vers le sud, mais en plein hiver et avec pour principales fringues un maillot de bain et des tongues. Ou alors trouver du boulot en attendant que les beaux jours reviennent du côté de Sydney. J’avais prévu de rester à Cairns dans cette optique, où il fait relativement bon toute l’année. Mes plans ayant quelque peu évolué, c’est à Brisbane que je dois me sédentariser. Je balance quelques CV sur internet, m’inscris au « free job club » du backpacker, effectue un saut à l’Alliance française de Brisbane qui est intéressée par ma maîtrise d’histoire mais déplore que je ne possède pas celle du FLE (français langue étrangère). Bref, le peu d’opportunités, mes exigences en terme de recherche d’emploi (pas trop tenté par les bars et les restaurants, encore moins par les plans foireux des boîtes de marketing) et le manque de patience, à tort, me poussent vers la solution de repli : le wwoofing, ou la garantie de perdre ni son temps ni son argent. Quelques coups de fils puis départ soudain comme je les aime. A 10h moins 5 minutes avant le check out, je me préparais à prendre une nuit de plus, quand Matt Armstrong m’appelle et me confirme qu’il m’attend à Murwillumbah.

A suivre, de Byron Bay au Mont Warning, Murwillumbah et sa région.


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