4. Les Whitsundays Islands, 74 perles de paradis
La première étape de notre descente vers Brisbane, c’est Tully. La ville détient le record pluviométrique d’Australie, avec 8 mètres en 1950 ! Une botte géante symbolise fièrement cette particularité.

Le prochain spot est plus sportif : au cœur du Paluma Range National Park, que j’avais déjà traversé lors de mon trajet Darwin-Cairns, nous restons une bonne partie de l’après-midi à escalader quelques rochers et tester les toboggans naturels formés de « rocks sliding ». En contrebas de la rivière, un billabong (trou d’eau) assez profond permet aux fadas de passage de sauter d’une roche le surplombant d’une quinzaine de mètres. Ok, rien de comparable avec les spectaculaires Wallaman Falls, situées dans le Girringun National Park, 50 km à l’ouest d’Ingham. Avec près de 300 mètres de chute, elles sont les plus grandes d’Australie.






Nous parvenons à Airlie Beach. Après le Kakadu National Park à Darwin, après la plongée sur la Grande Barrière à Cairns, le troisième spot incontournable pour tout voyageur sur la côte est nous ouvre grand ses portes : les Whitsundays Islands, un bout de paradis accessible aux mortels…
Souvenez-vous de ce fameux meilleur job du monde, dont on a tant parlé l’année dernière. C’est quelques-unes de ces 74 îles que le Britannique qui a décroché le poste avait pour mission de garder pendant six mois et d’en faire la promotion via un blog. L’état du Queensland estimait que ces merveilles avaient besoin d’un coup de projecteur. Incroyable.
C’est simple : les Whitsundays comptent parmi les plages les plus belles au monde. Le sable blanc est en fait composé de minuscules grains de quartz et possède le pouvoir de rendre vos bijoux plus étincelants qu’ils ne l’ont jamais été. L’eau est translucide, quasi invisible grâce aux sédiments présents dans l’eau et éclatant la lumière du soleil. Une fois n’est pas coutume, les cartes postales ne mentent pas.
Nous passerons trois jours sur deux îles différentes. Mark et Jule les ont déjà visitées. Nous sommes donc libres, avec Nadine, de choisir entre deux options : le forfait à 400 dollars par personne, avec la réjouissante idée de se retrouver sur un bateau pendant trois jours avec 20 autres personnes, une indépendance plus que limitée, une gestion du temps très chronométrée, cloisonnée, du genre bronzage groupé entre 15h et 16h, tout le monde en combi entre 16 et 17, etc... Plus une récréation sous surveillance qu’une véritable évasion. En fait, nous avions déjà fait notre choix avant même de savoir que l’alternative existait. L’option camping à 200 dollars - sac à dos, un jerrican de 20 litres pour deux jours, pas de douches pendant trois jours, une petite tente au milieu des arbres… - nous offre une totale liberté. Et surtout cent ans de solitude pour contempler, le soir vers cinq heures, l’étoile solaire virer du jaune à l’orange puis au rouge à mesure qu’elle se glisse derrière la ligne de crête comme l’on se glisse sous une couverture.
Le ferry quitte le port vers 6h30. Nous avons d’abord un rapide coup d’œil à Long Island, classée parc national, longue de 11 km, et large de seulement 1,5 km. Retardés par la beauté du paysage offert par un panorama splendide au sommet, puis par une petite famille de kangourous peu farouches, nous sautons dans un deuxième ferry, près à larguer les amarres sans nous.
South Molle Island est quasi-déserte. Seule une réceptionniste d’un resort entièrement vide semble garder l’île. Imaginez un bout de terre de 4 km², en pleine mer, juste pour vous... Nous profitons gratuitement de la piscine de l’hôtel, plutôt agréable, et rendue privative par notre seule présence !
Après avoir traversé une espèce de jungle longeant la côte, nous atteignons la pointe de l’île. Nous posons nos sacs dans clairière où seuls une table et panneau en bois confirment qu’il s’agit bien du « camping », une zone broussailleuse où poser la tente, à trois mètres du rivage. Wonderful. Amazing. Awesome. Surréaliste en fait, comme ce sunset presque trop magique, trop cliché pour ne pas être celui d’une belle image photoshopée ou synthétisée par quelque studios hollywoodien…
Le lendemain matin, 8h, une petite barge, un « water-taxi », accoste à même le sable, juste à l’endroit où se dressait la tente. Elle doit nous conduire vers la dernière île, THE île, Whitsunday. La plus grande, célèbre pour sa Whitheaven Beach. Il nous reste assez de provisions pour deux jours et cette fois, nous avons 20 litres d’eau. Nous plantons le tipi dans le sous-bois, à dix mètres du rivage.
Le lendemain, nous entreprenons une longue, très longue marche vers le lookout de l’île, un point de vue magnifique nous a-t-on affirmé. Nous mettons l’après-midi pour l’atteindre. Sur le chemin – en fait sur l’immense étendue de sable qui longe la mer – nous rencontrons successivement une étoile de mer, un hydravion, une armée de petits crabes bleus. Sans mes lunettes, je suis aveuglé par le soleil réfléchissant sur le sable. Je marche en fermant les yeux, d’un pas lent et régulier, puis je me confectionne un turban de fortune. Enfin, nous échappons de peu à la noyade dans le lagoon créé par la marée montante, avant qu’un petit canot à moteur ne vienne nous pêcher. L’embarcation est pilotée par un gamin de treize ans, en voyage sur un plus gros bateau avec ses parents depuis plus de deux ans ! Il nous conduit sur l’autre rive, peuplée de millions d’autres crabes soldats, émergeant de minuscules trous creusés dans la vase. Quelques centaines de mètres encore, et nous atteignons, enfin, le fameux point de vue.
Une curieuse image m’est venue à l’esprit : notre escapade, finalement, semble avoir quelques points en commun avec celle de Moïse traversant le Sinaï puis la Mer rouge pour rejoindre la Terre promise ! Bon ok, lui et ses Hébreux ont mis 40 ans au lieu de cinq malheureuses heures pour nous. Bref, le soleil a sûrement trop chauffé sur mon crâne dégarni. Le récit en images.
Whitsundays - partager des photos
A notre retour sur le continent, trois jours plus tard, le capitaine du navire amiral (toujours la même petite barge…) nous lance un fataliste : « Back to the reality, guys ! »
A suivre, dans l’intimité des boxeurs à poche…
La première étape de notre descente vers Brisbane, c’est Tully. La ville détient le record pluviométrique d’Australie, avec 8 mètres en 1950 ! Une botte géante symbolise fièrement cette particularité.
Souvenez-vous de ce fameux meilleur job du monde, dont on a tant parlé l’année dernière. C’est quelques-unes de ces 74 îles que le Britannique qui a décroché le poste avait pour mission de garder pendant six mois et d’en faire la promotion via un blog. L’état du Queensland estimait que ces merveilles avaient besoin d’un coup de projecteur. Incroyable.
C’est simple : les Whitsundays comptent parmi les plages les plus belles au monde. Le sable blanc est en fait composé de minuscules grains de quartz et possède le pouvoir de rendre vos bijoux plus étincelants qu’ils ne l’ont jamais été. L’eau est translucide, quasi invisible grâce aux sédiments présents dans l’eau et éclatant la lumière du soleil. Une fois n’est pas coutume, les cartes postales ne mentent pas.
Nous passerons trois jours sur deux îles différentes. Mark et Jule les ont déjà visitées. Nous sommes donc libres, avec Nadine, de choisir entre deux options : le forfait à 400 dollars par personne, avec la réjouissante idée de se retrouver sur un bateau pendant trois jours avec 20 autres personnes, une indépendance plus que limitée, une gestion du temps très chronométrée, cloisonnée, du genre bronzage groupé entre 15h et 16h, tout le monde en combi entre 16 et 17, etc... Plus une récréation sous surveillance qu’une véritable évasion. En fait, nous avions déjà fait notre choix avant même de savoir que l’alternative existait. L’option camping à 200 dollars - sac à dos, un jerrican de 20 litres pour deux jours, pas de douches pendant trois jours, une petite tente au milieu des arbres… - nous offre une totale liberté. Et surtout cent ans de solitude pour contempler, le soir vers cinq heures, l’étoile solaire virer du jaune à l’orange puis au rouge à mesure qu’elle se glisse derrière la ligne de crête comme l’on se glisse sous une couverture.
Le ferry quitte le port vers 6h30. Nous avons d’abord un rapide coup d’œil à Long Island, classée parc national, longue de 11 km, et large de seulement 1,5 km. Retardés par la beauté du paysage offert par un panorama splendide au sommet, puis par une petite famille de kangourous peu farouches, nous sautons dans un deuxième ferry, près à larguer les amarres sans nous.
South Molle Island est quasi-déserte. Seule une réceptionniste d’un resort entièrement vide semble garder l’île. Imaginez un bout de terre de 4 km², en pleine mer, juste pour vous... Nous profitons gratuitement de la piscine de l’hôtel, plutôt agréable, et rendue privative par notre seule présence !
Après avoir traversé une espèce de jungle longeant la côte, nous atteignons la pointe de l’île. Nous posons nos sacs dans clairière où seuls une table et panneau en bois confirment qu’il s’agit bien du « camping », une zone broussailleuse où poser la tente, à trois mètres du rivage. Wonderful. Amazing. Awesome. Surréaliste en fait, comme ce sunset presque trop magique, trop cliché pour ne pas être celui d’une belle image photoshopée ou synthétisée par quelque studios hollywoodien…
Le lendemain matin, 8h, une petite barge, un « water-taxi », accoste à même le sable, juste à l’endroit où se dressait la tente. Elle doit nous conduire vers la dernière île, THE île, Whitsunday. La plus grande, célèbre pour sa Whitheaven Beach. Il nous reste assez de provisions pour deux jours et cette fois, nous avons 20 litres d’eau. Nous plantons le tipi dans le sous-bois, à dix mètres du rivage.
Le lendemain, nous entreprenons une longue, très longue marche vers le lookout de l’île, un point de vue magnifique nous a-t-on affirmé. Nous mettons l’après-midi pour l’atteindre. Sur le chemin – en fait sur l’immense étendue de sable qui longe la mer – nous rencontrons successivement une étoile de mer, un hydravion, une armée de petits crabes bleus. Sans mes lunettes, je suis aveuglé par le soleil réfléchissant sur le sable. Je marche en fermant les yeux, d’un pas lent et régulier, puis je me confectionne un turban de fortune. Enfin, nous échappons de peu à la noyade dans le lagoon créé par la marée montante, avant qu’un petit canot à moteur ne vienne nous pêcher. L’embarcation est pilotée par un gamin de treize ans, en voyage sur un plus gros bateau avec ses parents depuis plus de deux ans ! Il nous conduit sur l’autre rive, peuplée de millions d’autres crabes soldats, émergeant de minuscules trous creusés dans la vase. Quelques centaines de mètres encore, et nous atteignons, enfin, le fameux point de vue.
Une curieuse image m’est venue à l’esprit : notre escapade, finalement, semble avoir quelques points en commun avec celle de Moïse traversant le Sinaï puis la Mer rouge pour rejoindre la Terre promise ! Bon ok, lui et ses Hébreux ont mis 40 ans au lieu de cinq malheureuses heures pour nous. Bref, le soleil a sûrement trop chauffé sur mon crâne dégarni. Le récit en images.
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A notre retour sur le continent, trois jours plus tard, le capitaine du navire amiral (toujours la même petite barge…) nous lance un fataliste : « Back to the reality, guys ! »
A suivre, dans l’intimité des boxeurs à poche…
commentaire inutile juste pour t'informer que jsuis jaloux ;)
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