jeudi 1 avril 2010

En tête-à-tête avec les dragons de Komodo !

Arrivée à Labuhanbajo, capitale de Florès. Sur le trajet, j’ai fait la connaissance d’un Ecossais, Colin, 27 ans. Peut-être la personne dont j’ai pour l’instant le plus apprécié la compagnie. Il va d’ailleurs me tirer d’un sale pétrin au moment de quitter l’île. N’ayant plus que 200 000 rupiahs en poche pour payer ma chambre et les repas, il me manquait quelques billets de 100 000. Je pars en direction du distributeur. « C’est à 2 min mister, no problème. » Une demi-heure de marche par 30°C plus tard, je parviens aux distributeurs… en panne. Car à Labuhanbajo, l’électricité fonctionne un jour sur deux. Carrément coincé, j’interroge du regard le type de l’hôtel, et comprend qu’il attend la même chose que moi : mon fric. Heureusement, le portefeuille de Colin était suffisamment garni pour régler nos deux notes. Sans lui, je serai probablement encore là-bas.


Après avoir cherché, en vain, un hôtel avec trois Allemands qui nous avaient proposé de monter dans leur 4x4 de location, Colin et moi descendons au Gardena, ensemble de bungalows construit à flanc de colline, et surplombant le port. Cadeau de bienvenue : un coucher de soleil féérique sur la baie.

Rinca est plus petite que Komodo, et de l’avis général, des guides touristiques comme des locaux, tout aussi intéressante. Une heure de traversée sur une petite embarcation en compagnie des poissons volants et des dauphins, et un accueil qui fait froid dans le dos : des cris suraigus s’échappent d’une jungle foisonnante et marécageuse, aux abords de l’île. Les macaques sauvages, invisibles, nous souhaitent la bienvenue à leur façon…


Les dragons de Komodo semblent issus tout droit de la préhistoire. Ces gros lézards sont environ 900 sur Rinca, 1300 sur Komodo. Et leur nombre est en constante augmentation. Sur ces deux îles, ils coexistent donc avec des singes et des buffalos impressionnants. Mais ils sont les seuls seigneurs, les seuls prédateurs. Ils n’attaquent que rarement en groupe. Le varan se dissimule sous une épaisse couche de boue, après avoir repéré un buffalo. Au moment propice, le reptile se jette sur sa proie, la mord, puis la laisse partir. Il sait qu’il remporté la victoire. Le buffalo va agoniser une quinzaine de jours, pour finalement mourir auprès d’un cours d’eau dans d’atroces souffrances. Car les varans n’injectent pas de poison dans leur morsure, mais une soixantaine de bactéries différentes qui feront tout aussi bien le boulot. Ces animaux pluri-millénaires peuvent compter sur leur odorat particulièrement développé pour repérer leur victime, à près d’une dizaine de kilomètres à la ronde. On peut dire que l’odeur du sang reniflé par ces carnivores produit à peu près le même effet que l’Irrésistible de Givenchy d’une jolie fille détecté par une narine masculine. On raconte qu’un jour, un gardien de l’île s’était assoupi sur le débarcadère, tout repu après avoir ingurgité un petit poulet. S’il s’était aperçu qu’une goutte de sang était tombée sur son pied, il ne serait pas endormi du sommeil du juste. A son réveil, il se retrouve nez-à-nez avec un varan de bonne taille. Sans attendre, celui-ci lui mord le pied. Le gardien a dû se faire amputé au plus vite avant d’être gangréné.












Pour nous rafraîchir après deux heures de marche en plein cagnard, un peu de snorkling était prévu. Une fois à l’eau, avec masque et tuba, on se rend compte de la puissance et de la dangerosité des courants, que l’on avait pu observer lors de la traversée. Impossible de nager, on doit remonter à bord. Trop claqués pour tenter un autre spot, on rentre à l’hôtel. Le lendemain, c’est reparti pour deux jours de voyage : ferry, bus, ferry, bus de nuit avec les poules sous mon siège et les toilettes chimiques à portée de nez. 24h plus tard, home sweet home Bali.

Même les poules ont leur mob!

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