En matière de circulation, Surabaya, deuxième ville du pays avec ses 2,4 millions d’âmes bien vivantes, c’est un peu Beyrouth. C'est-a-dire une ville où l’on peut, de façon très naturelle, se retrouver dans un minibus en contre sens sur une voie rapide. Le code de la route est simplement invisible, il semble inexistant.
Un type joue du sifflet au beau milieu d’un carrefour. Je demande à Muntaha : « Qu’est-ce qu’il fait là ce fou, il n’est pas flic ? » « Non, il aide à la circulation, en échange de quelques pièces... »
Et ca marche. Un bonhomme n’ayant aucune légitimité ni autorité quelconque est respecté, et ma foi bien utile pour gérer le bordel ambiant.
Voltaire en son temps nous interrogeait sur la compatibilité ou non du bonheur et de la pauvreté. Peut-être pensait-il à Surabaya pour tirer la morale de son conte. On a beau s’y attendre, la misère humaine déballée au grand jour, ca fout une claque. Nous rappelle à l’occasion qu’on est quand même bien, chez nous. Et ce sont ces marmots, hauts comme trois quartiers d’orange, qui nous réconfortent de leurs sourires de clowns.
Il y aurait bien d’autres choses à écrire sur les charmes de cette ville portuaire, porte d’accès vers Bali, Lombock, Florès et la Papouasie. Nous y reviendrons. Demain, direction Yogyakarta, capitale culturelle du pays. Retour prévu dimanche. Peut-être pas de message d’ici là.
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